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Disparition d'Abdelwahab Meddeb - par Capleymar le 08/11/2014 11:25
Abdelwahab.jpg

Nous apprenons avec une profonde tristesse le décès le 6 novembre 2014 d’ Abdelwahab Meddeb, poète, islamologue, essayiste et romancier, et producteur de radio, né en 1946 à Tunis.

Culture d’Islam, l’émission diffusée sur la radio France Culture dont il était producteur nous éclaire depuis des années sur cette religion et en ce sens représente un véritable bouclier contre l’intégrisme.  Les débats d’ Abdelwahab avec Tariq Ramadan témoignent de son engagement contre toute sorte d’obscurantisme.

« Si, selon Voltaire, l'intolérance fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l'Allemagne, l'intégrisme est la maladie de l'islam », écrivait-il en ouverture à La Maladie de l’islam (Seuil, 2002).

Il lui a été reproché son ambiguïté face au régime Ben Ali dont il se serait satisfait argumentant que le dictateur était un rempart contre l’Islamisme. Mais Cédric Enjalbert dans son article publié le 6 novembre dernier dans Philomag  écrit : Ce vent de liberté, Abdelwahab Meddeb le retrouvera en Tunisie lors du printemps arabe, nous rappelant à l'occasion que son « dégoût du régime était plus existentiel que politique, même si les deux dimensions sont indissociables. J’avais quitté le pays parce que j’y étouffais, parce que je n’avais pas les moyens de vivre et de respirer dans la liberté. C’était déjà le cas au temps de Bourguiba. Mais je m’accommodais en partie de la situation politique : “intégriste” de la laïcité, j’avais pris position pour les généraux algériens lorsqu’ils ont empêché le FIS d’accéder au pouvoir après le verdict des urnes et pour Ben Ali lorsqu’il a procédé à l’éradication des islamistes en 1989. Je tenais à ce que la Tunisie reste le pays de la liberté des mœurs et de la présence des femmes dans la cité. Et puis j’ai évolué, surtout en cheminant avec l’évolution de mes amis laïcs de Turquie. Je suis de près leur lente allée d’une république laïque vers une démocratie islamique.»

La disparition de ce grand intellectuel qui ne faisait jamais étalage de son immense érudition laisse un vide profond dans le monde des idées.

1.

La litanie des coucous

rien ne transpire ni de l’herbe

ni de la terre ni des fleurs

lignes de briques murs effondrés

seules les fondations répartissent les carrés

hermétiques les images

où bourdonnent les insectes

la blancheur des arbres fusent

vers un ciel voilé

qui filtre la chaleur

césure du chant

2.

non, les merles n’ont pas déserté

où l’infâme

ni le soleil

et la nature indifférente

au malheur

ne porte le deuil

3.

à l’interstice des pavés la mousse

sèche

là courent les fourmis

actives

dans le lieu qui a connu

la mort absolue usine

de la mort

vestiges de notre temps les lieux ont-ils une mémoire ?

par le corps qui balance

au rythme de la voix

par le souffle qui ouvre

l’œil du cœur

donner au lieu

sa mémoire

par le silence l’entretenir

4.

ici fin mai

où l’infâme

retrouver un signe de l’enfance

touffes blanches qui voltigent

poils arrachés à la barbe de Satan, dit-on

accrochés aux cils voilà douze ans

à Florence

en chemin vers l’ultime Cène

du sacrifice au plus barbare

où commence où finit le siècle

5.

ferme les yeux juif ferme les yeux

sous le regard qui bondit de la dalle

béton arraché fendu brisé

par le séisme de mains d’homme

à vif le rêve noir de l’enfant

traverse le doute où le dieu se retire

dans le poids du jour

lévite à l’ombre du miroir

qui reflète un doigt

haut levé d’où la fumée

disparaît dans les cieux.

Abdelwahab Meddeb

Auschwitz

27 mai 2003


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