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Paul Rebeyrolle

Arturo ESCOBAR : Faire monde

Le numéro du 27/06/2018 de l’excellente émission « Matières à penser » de Dominique Rousset, ou comment « penser demain » au carrefour de la science et de l’écologie, de l’économie et la vie sociale, était consacré à Arturo Escobar anthropologue colombien. Voici une tentative de résumer l’essentiel de sa pensée.

Arturo Escobar s’inspire du mouvement sud-américain dit « décolonial ».  Ce dernier remet profondément en cause la conception dualiste et hégémonique occidentale qui sépare corps et esprit, émotion et raison, savant et indigène, humain  et animal, végétal et corporel. C’est d’ailleurs révélateur d’un tournant de l’anthropologie moderne incarné entre autres par Philippe Descola qui considère comme problématique la pensée dualiste occidentale basée sur la séparation entre nature et culture. 

Le concept fondamental d' Arturo Escobar est une invitation à « pluraliser les mondes ». Pour cela, il remet profondément en question le système occidental fondé sur l’individualisme, la compétition et la domination.

Il s’appuie sur les mouvements d’Amérique latine tels les zapatistes au Chiapas, les Aymaras en Colombie, etc. 

Pour lui, ces mouvements représentent un avant-gardisme dans le mode d’organisation de la société sur la base d’autonomies locales fondées sur des relations sociales non capitalistes. Sa vision écologiste repose sur le souhait de composer un monde à partir de tout y compris les éléments de la nature, montagne, rivière, mer, etc. qu’il considère comme des « êtres sensibles ». Sa pensée s’articule autour de concepts tels : le décolonialisme, le post-extractivisme (ex. d'extractivisme : la déforestation), les nouvelles « pensées ontologiques pluriverselles » construites autour de la « relationalité » et de la « communalité ». 

Pour A.E, il existe des liens de continuité entre les mondes biophysiques, humains et surnaturels.

« Toutes les choses du monde sont faites d’entités qui ne préexistent pas aux relations qui les constituent ». Dit-il .

Il prône une politique de la « relationalité » qu’il retrouve dans différents mouvements sociaux sud-américains, mais aussi occidentaux, comme les zadistes de Notre-Dame-des-Landes. 

Tout en critiquant l’universalisme occidental sous ses aspects dominateurs, il défend un universalisme qui serait fondé sur un projet commun destiné à se reconnecter avec la terre, pour mieux vivre avec elle.

Publié le 17/08/2018 11:12  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir ? Ajouter le vôtre ?   | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut
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