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Le directeur de CIPRA International, Kaspar Schuler, lance un appel à la sagesse.

Dans un communiqué de presse et devant la montée des crises politiques au sein de l'Europe, Kaspar Schuler encourage les pays alpins à partager un espace commun et à lutter de manière solidaire contre une double menace : la crise climatique et les nationalismes.

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"Entretenir la flamme de la solidarité au lieu d’allumer le feu de la discorde"...

Voici son texte :

"La crise climatique et le nationalisme sont les deux plus grandes menaces de notre temps, déclare Kaspar Schuler, directeur de CIPRA International depuis juin dernier, à l’occasion du 30e anniversaire de l’action « Feux dans les Alpes ».

Tout a commencé il y a 30 ans : dans la haute vallée de Madris dans les Grisons, tout près du Val Bregaglia italien, un feu a brûlé en montagne pour lancer un appel à l’aide et à la résistance. Je travaillais alors comme berger alpin. Avec une poignée de gens courageux, habitants de souche et nouveaux arrivants, je me suis battu avec ma famille contre un projet de retenue destiné à une centrale de pompage-turbinage – un projet comme il en existait des douzaines à l’époque dans les Alpes suisses. La construction débridée d’autoroutes de transit à travers les Alpes, la dévalorisation de l’agriculture de montagne, l’avènement des canons à neige et la prolifération des stations de ski nous ont également mobilisés pour la défense de l’environnement. Les feux traçaient un lien entre les thématiques, les régions et les gens. Nous imaginions cette chaîne de lumières vue par un oiseau survolant de nuit les Alpes, de Vienne/A à Nice/F.

La diffusion de la notion de durabilité en tant que concept fondamental du développement montre que les innombrables pionniers avaient raison. En particulier ceux qui, depuis les années 1950, ont défendu inlassablement l’idée d’un traité de protection à l’échelle alpine. Ce traité est devenu réalité en 1995. Depuis cette date, la Convention alpine définit le cadre politique d’un développement économique compatible avec le respect de l’environnement.

Mais le travail n’est pas terminé. Une crise climatique imminente menace la région alpine. Et un poison bien connu palpite dans les veines de nombreux habitants des Alpes : le nationalisme.

Le changement climatique a montré ses crocs cet été avec la grave sécheresse qui a frappé les Alpes germanophones et qui, dans certains endroits, a entraîné une interdiction générale de faire du feu. Les feux dans les Alpes ont donc été remplacés par un show lumineux qui a fasciné les participants de l’événement organisé par l’Initiative des Alpes, Mountain Wilderness et la CIPRA à l’occasion du 30e anniversaire de l’action.

Le nationalisme célèbre une sombre renaissance en promettant des recettes simples pour résoudre les problèmes politiques. Or, il ne produit qu’une seule chose : des perdants. Mes vacances d’été au bord des eaux turquoise de la Soça en Slovénie me l’ont rappelé. Les rencontres chaleureuses avec les habitants des Alpes juliennes m’ont fasciné, au-delà des langues et des frontières. Mais les cicatrices du front de l’Isonzo encore visibles à flanc de montagnes et dans les villages ont ravivé en moi les terribles souvenirs de la Première Guerre mondiale. Au nom des idéaux nationalistes, les soldats slovènes, autrichiens, hongrois, allemands et italiens se sont entretués pendant deux ans sur les crêtes et dans les vallées, dans des combats qui ont coûté la vie à quelques 200 000 personnes.

C’est donc à nous, les habitants des Alpes d’aujourd’hui, qu’il incombe d’affronter ces deux menaces : le nationalisme et la crise climatique. Avec des actes d’innovation et de modestie, avec esprit d’ouverture et humanisme, unis par-delà les cimes et les frontières nationales. Pour que les feux ne brûlent pas en dévastant tout sur leur passage comme la guerre ou les feux de forêt, mais qu’ils fassent naître dans nos cœurs une flamme de solidarité."

https://www.cipra.org/fr/nouveautes/point-de-vue-entretenir-la-flamme-de-la-solidarite-au-lieu-d2019allumer-le-feu-de-la-discorde

Publié le 20/10/2018 08:36  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir ? Ajouter le vôtre ?   | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut
Le Mont-Blanc sur réservation  -  par Capleymar

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Le Mont-Blanc sur réservation

J’ai eu envie d’écrire ce texte dans le prolongement des articles de Cédric Sapin-Defour et Jocelyn Chavy, tous deux parus dans la jeune revue en ligne Alpinemag.

Il s’agit du fameux permis pour l’accès par la voie normale du Mont-Blanc que le premier magistrat de Saint-Gervais compte mettre en place.

Cette petite révolution dans le monde de la montagne a déjà fait couler beaucoup d’encre.

Le texte de Cédric Sapin-Defour est à l’évidence volontairement excessif (néanmoins remarquablement écrit), et provocateur. Le maire de Saint-Gervais, Jean-Marc Peillex n’a certainement pas prononcé ces paroles, mais il a sans doute mis délibérément en exergue ce qui demeurait anecdotique : un peu comme, actuellement en Italie, on a tendance à rendre responsables les migrants de tous les actes de délinquance perpétrés sur le sol transalpin.

Je ne pense pas que les gens se battent régulièrement aux portes du refuge du goûter, mais plutôt qu’ils ont envie de partager une expérience unique. Il y a sans doute des excès dus à la sur fréquentation de la voie normale, mais globalement est-ce réellement ce genre d’incident qui domine ?

Il n’en reste pas moins que l’afflux touristique immodéré provoque, comme toujours, des dérives peu souhaitables, mais pour autant, l'instauration d'un permis est-elle la solution ? Seuls ceux qui pourront s’offrir un guide auront la possibilité d’accéder au toit de l’Europe puisque l’ascension sera conditionnée à la disponibilité en refuge et à la réservation par les guides rendue vraisemblablement prioritaire. Si ce permis est gratuit, c’est du moins ce qu’annonce le maire de Saint-Gervais, le restera-t-il et quels seront les critères de sélection à remplir pour son obtention ? Quelles seront les modalités de contrôle appliquées par « la brigade blanche » et quelles seront les sanctions encourues ?

Le premier magistrat de Chamonix, Éric Fournier apparemment non concerté, déplore cette décision, qui va selon lui déplacer le problème et sans doute l’aggraver en matière de sécurité : les alpinistes refoulés de la voie normale emprunteraient un itinéraire plus technique et plus dangereux (l’ascension par les trois monts).

De manière générale, cet évènement pose la question fondamentale de la liberté.

 

La montagne est par essence un espace de liberté.  De quel droit peut-on en autoriser ou en restreindre l’accès ?

Le paradoxe à l’heure actuelle c’est que les endroits préservés des excès générés par le tourisme de masse par des parcs naturels nationaux ou départementaux deviennent tellement protégés que quasiment tout y est interdit et réprimé. Mais, dès que les frontières du parc sont franchies, le bruit et la fureur reprennent leur droit. Ainsi les grands cols alpins sont-ils le théâtre d’une frénésie touristique démesurée : la rumeur des véhicules en tous genres résonne dans les parois et le calme si précieux de la nature se trouve sérieusement compromis. Il en va de même pour les stations de sports d’hiver et leur impact délétère sur l’environnement.

Alors, comment faire pour que la montagne ne devienne privatisée et réservée à une élite sans que pour autant elle se transforme en Disneyland d’altitude ?

Apparemment, nul ne détient la solution, mais des pistes sont déjà envisagées dans le cadre d’un tourisme « doux » qui consiste à considérer la montagne sous un angle différent de celui de la performance.

Tout est dans la nuance évidemment…

Pour aller plus loin...

https://www.montagnes-magazine.com/actus-un-permis-mont-blanc-vraiment

https://www.francebleu.fr/infos/societe/en-2019-il-faudra-un-permis-pour-monter-au-sommet-du-mont-blanc-1536011827

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/haute-savoie/chamonix/permis-gravir-mont-blanc-que-sait-on-brigades-blanches-qui-seront-chargees-du-controle-1535796.html

Publié le 25/09/2018 14:25  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir ? Ajouter le vôtre ?   | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut

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Paul Rebeyrolle

Arturo ESCOBAR : Faire monde

Le numéro du 27/06/2018 de l’excellente émission « Matières à penser » de Dominique Rousset, ou comment « penser demain » au carrefour de la science et de l’écologie, de l’économie et la vie sociale, était consacré à Arturo Escobar anthropologue colombien. Voici une tentative de résumer l’essentiel de sa pensée.

Arturo Escobar s’inspire du mouvement sud-américain dit « décolonial ».  Ce dernier remet profondément en cause la conception dualiste et hégémonique occidentale qui sépare corps et esprit, émotion et raison, savant et indigène, humain  et animal, végétal et corporel. C’est d’ailleurs révélateur d’un tournant de l’anthropologie moderne incarné entre autres par Philippe Descola qui considère comme problématique la pensée dualiste occidentale basée sur la séparation entre nature et culture. 

Le concept fondamental d' Arturo Escobar est une invitation à « pluraliser les mondes ». Pour cela, il remet profondément en question le système occidental fondé sur l’individualisme, la compétition et la domination.

Il s’appuie sur les mouvements d’Amérique latine tels les zapatistes au Chiapas, les Aymaras en Colombie, etc. 

Pour lui, ces mouvements représentent un avant-gardisme dans le mode d’organisation de la société sur la base d’autonomies locales fondées sur des relations sociales non capitalistes. Sa vision écologiste repose sur le souhait de composer un monde à partir de tout y compris les éléments de la nature, montagne, rivière, mer, etc. qu’il considère comme des « êtres sensibles ». Sa pensée s’articule autour de concepts tels : le décolonialisme, le post-extractivisme (ex. d'extractivisme : la déforestation), les nouvelles « pensées ontologiques pluriverselles » construites autour de la « relationalité » et de la « communalité ». 

Pour A.E, il existe des liens de continuité entre les mondes biophysiques, humains et surnaturels.

« Toutes les choses du monde sont faites d’entités qui ne préexistent pas aux relations qui les constituent ». Dit-il .

Il prône une politique de la « relationalité » qu’il retrouve dans différents mouvements sociaux sud-américains, mais aussi occidentaux, comme les zadistes de Notre-Dame-des-Landes. 

Tout en critiquant l’universalisme occidental sous ses aspects dominateurs, il défend un universalisme qui serait fondé sur un projet commun destiné à se reconnecter avec la terre, pour mieux vivre avec elle.

Publié le 17/08/2018 11:12  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir ? Ajouter le vôtre ?   | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut
Les Alpes comme refuge  -  par Capleymar
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Hommage aux habitants des Alpes

Depuis plusieurs années maintenant, les habitants de la Roya (Alpes-Maritimes) ainsi que de la Ligurie de l’autre côté de la frontière, de Briançon dans les Hautes-Alpes et de Bardonecchia sur le versant italien ont créé une chaine de solidarité pour venir en aide aux migrants.

Ces derniers se jettent à corps perdu dans une mer souvent hostile, dans des conditions qui dépassent l’imagination, à bord d’embarcations de fortune, et sachant qu’ils n’arriveront peut-être jamais sur les rives salvatrices. Là, une lueur d’espoir éclaire un horizon obscur. Confrontée brutalement aux bureaucraties occidentales, elle s’éteint rapidement.

S’en suit une errance de pays en pays sur les chemins les plus vertigineux, par les cols les plus escarpés dont la neige efface les contours ; ni l’hiver glacial des sommets ni les sentiers abrupts et rocailleux ne sont dissuasifs.  

L’énergie du désespoir est plus puissante, le courage n’a pas de limites.

L’écrivain et alpiniste Erri de Luca  nous dit : « Ce qui me frappe, c’est à quel point on peut être aveugle face à la montagne. Le pouvoir politique s’imagine que les montagnes sont des barrières, des murailles. Mais les montagnes sont le plus grand éventail de passages possibles. Entre des versants et à travers un réseau immense de sentiers non contrôlables empruntés par toute l’histoire humaine. Les montagnes sont une voie de communication. Les Hautes-Alpes n’ont jamais empêché une armée… Les pouvoirs s’imaginent qu’on peut bloquer les montagnes. Mais si on peut passer par un endroit aussi inconfortable que le sommet du mont Blanc, on peut passer partout ! »

Dans ce contexte naturel sublime et dangereux, des solidarités s’expriment. Les habitants de l’arc alpin se mobilisent pour accueillir, aider, soigner, réconforter montrant ainsi que la montagne représente une barrière, mais aussi un refuge. Ils sont condamnés pour ces actes d’humanité qui deviennent de véritables actes de bravoure.

" Quand la fraternité est illégale, il faut désobéir..." ajoute Erri de Luca.

 

Publié le 10/06/2018 11:13  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir ? Ajouter le vôtre ?   | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut

Le réchauffement climatique et ses conséquences sur la fiabilité de l’enneigement naturel

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Une saison de ski alpin débute généralement à la mi-décembre et s’achève à la mi-avril, soit environ 120 jours d’activité à nuancer bien entendu en fonction de l’enneigement. Les pics de fréquentation se situent pendant la période Noël/Jour de l’An, les vacances de février et de printemps.

La viabilité financière du tourisme d’hiver repose donc dans une large mesure sur :

- Les précipitations neigeuses

- La fiabilité de l’enneigement des domaines skiables

Quelle est la quantité de neige nécessaire pour assurer l’exploitation des pistes de ski ?

D’un point de vue strictement technique, 30 centimètres de neige suffisent pour assurer un fonctionnement sans danger.

50 centimètres offrent des conditions satisfaisantes et 75 centimètres des conditions excellentes.

Cependant, les pentes rocheuses, à des altitudes élevées, peuvent exiger une épaisseur de neige beaucoup plus importante pour être skiables (jusqu’à 1 mètre).

Sous l’influence du réchauffement climatique, le manteau neigeux alpin diminuera et impactera la fiabilité de l’enneigement naturel. La fiabilité de l’enneigement naturel s’appuie principalement sur la règle des 100 jours (Witmer (1986),selon laquelle pour exploiter un domaine skiable avec un résultat satisfaisant, il faut un manteau neigeux suffisant pour la pratique du ski pendant au moins cent jours par saison. Cette règle n’est pas immuable, mais elle représente un outil de travail utilisé par exemple par bon nombre de grands domaines en Suisse.

Selon les estimations, dans un climat plus chaud, la limite des neiges, ainsi que la limite de la fiabilité de l’enneigement naturel, monteraient de 150 mètres par degré Celsius gagné (Föhn, 1990 et Haeberli et Beniston, 1998).

Dans une perspective de modification du climat plus ou moins importante, nous pourrions être amenés au constat suivant :

  1. Dans les régions où la limite de la fiabilité de l’enneigement naturel se situe actuellement à 1050 m, elle passera à 1200 m, 1350 m ou 1650 m si le réchauffement est de 1 °C, de 2 °C ou de 4 °C, respectivement.
     
  2. Dans les régions où la limite de la fiabilité de l’enneigement naturel se situe actuellement à 1200 m, elle passera à 1350 m (1 °C), 1500 m (2 °C) et 1 800 m (4 °C).
     
  3. Dans les régions où la limite de la fiabilité de l’enneigement naturel se situe actuellement à 1500 m, elle passera à 1650 m (1 °C), 1800 m (2 °C) et 2 100 m (4 °C)

Incidences globales dans l’arc alpin

On compte 666 domaines skiables alpins dans l’ensemble du massif.

Dans les conditions climatiques actuelles, 609 des domaines peuvent être considérés comme fiables du point de vue de l’enneigement naturel.

Dans la perspective d’un réchauffement, le nombre de domaines fiables pourrait chuter de :

Pour 1 degré à 500 (75% des domaines existant aujourd’hui)

Pour 2 degrés à 404 (61% des domaines existant aujourd’hui)

Pour 4 degrés à 202 (30 % des domaines existant aujourd’hui)

Incidences au niveau national dans les différents pays de l’arc alpin

La sensibilité des domaines skiables au changement climatique est très différente d’un pays à l’autre.

L’Allemagne vient en tête des pays les plus touchés, suivie par l’Autriche, la France reste dans la moyenne et l’Italie se maintient un peu au-dessus. En Suisse, les conséquences sont moins sensibles.

Pays Nombre de domaines skiables Enneigement fiable dans les conditions actuelles +1 °C +2 °C +3 °C
 Autriche 228 199 153 115 47
Suisse 164 159 142 129 78
Allemagne 39 27 11 5 1
France 148 143 123 96 55
Italie 87 81 71 59 21
Total 666 609 500 404 202

Autriche et Allemagne

Ce sont les pays les plus affectés, car beaucoup de domaines se situent à faible altitude, comme en témoignent celles de Schladming et de Kitzbühl, mondialement connues, qui ne se trouvent qu’à 745 m et 800 m au-dessus du niveau de la mer. Il en va de même pour les stations bavaroises.

Suisse

Les domaines skiables de Suisse seront les moins atteints par les conséquences du réchauffement climatique de toutes les Alpes. Cependant, il existe de nettes différences entre régions. Si l’enneigement naturel restait fiable dans une vaste majorité des domaines des Grisons et du Valais, toutes les autres régions de Suisse seraient touchées beaucoup plus durement.

France

En France, beaucoup de domaines skiables atteignent des altitudes assez hautes. Cela est dû à la présence de massifs élevés et à la construction de « stations intégrées » (stations créées uniquement pour la pratique du ski) pour lesquelles le tourisme d’hiver français est réputé. Ces stations par elles-mêmes sont généralement situées à des altitudes relativement élevées, au-dessus des villages traditionnels.

Italie

De manière générale, les domaines skiables italiens se caractérisent par des plages d’altitude élevée. Beaucoup de stations d’altitude se trouvent dans le Nord-ouest, dans les hauts massifs du Mont-Blanc et du Mont-Rose. L’impact du changement climatique serait donc plus atténué. Les massifs de la partie orientale seraient plus durement affecté.

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OCDE_Changement Climatique.pdf

L’hiver sans neige sonne le glas du ski industriel

La neve è finita

Le billet économique : Les stations de ski face au défi climatique (Marie Viennot-France Culture)

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Les stations_de_ski_face_au_defi_climatique.pdf

Reportage de "C'est pas sorcier".

Publié le 31/03/2018 13:09  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir ? Ajouter le vôtre ?   | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut
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Voici quelques données très intéressantes sur l’économie du ski et son devenir face au changement climatique.

Dans sa captivante chronique « La bulle économique - A qui profite le ski ? » sur France Culture, Marie Viennot décrit en quelques minutes, mais avec beaucoup de précision tout le système lié à cette activité sportive, le poids économique quelle génère et la fragilité qui la menace.

Avec ses 250 stations de ski, la France est la troisième destination en journée de ski (51 millions en 2017) après l’Autriche et les États-Unis (54 millions).

Le ski peut représenter une activité très lucrative, mais aussi un gouffre financier. Les investissements sont très lourds (remontées mécaniques, canons à neige) et les revenus aléatoires.

D’autant qu’avec le réchauffement climatique, le problème de l’enneigement se pose de manière prégnante.

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A qui profite le ski?

Publié le 24/02/2018 15:57  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir ? Ajouter le vôtre ?   | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut

Un article intéressant de la CIPRA sur le mode de vie alpin du XXIe siècle.

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D’un côté, des villes qui prospèrent, de l’autre, des villages de montagne qui se vident. La réalité est rarement aussi nette que l’image que l’on s’en fait. Certes, les régions rurales ont souvent des taux de croissance inférieurs à ceux des centres urbains, voire parfois négatifs. Mais la croissance n’est pas un paramètre de la qualité de vie.

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Publié le 17/02/2018 16:24  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir ? Ajouter le vôtre ?   | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut
Werner Bätzing et Whatsalp  -  par Capleymar

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Werner Bätzing et Whatsalp

Le 22 septembre dernier, nous rejoignions le géographe Werner Bätzing à Sambuco un village de la Valle Stura dans le Piémont italien. Werner y organisait une excursion ayant pour thème la visite de villages/hameaux de montagne, de moyenne altitude (1400 mètres), habités jusqu’aux années soixante et désormais abandonnés.

Le géographe, grand spécialiste des Alpes, étudie depuis longtemps cette vallée des Alpes occidentales qui accuse une tendance régulière au dépeuplement.  Ses différents ouvrages mettent en évidence le contraste avec une autre région des Alpes située à l’est de la chaine en Autriche, Gastein. Ce centre thermal également station de sports d’hiver de style « Belle époque » développe une activité économique florissante qui explique en partie le dynamisme de sa démographie.

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Cette excursion était organisée à l’intention des marcheurs de « Whatsalp ». Ce groupe de spécialistes des Alpes qui œuvre dans le cadre de « La convention alpine » entamait une traversée pédestre de la chaine alpine avec pour double objectif de dresser un état des lieux des Alpes en 2017 et d’établir une comparaison avec le constat délivré en 1992 par le groupe « TransAlpedes ». Certains protagonistes de ce dernier participaient au projet Whatsalp 2017 qui réalisait le même parcours.

L’aventure débutait à Vienne le 3 juin 2017 et s’achevait à Nice le 29 septembre.

Ce long périple de 1800 km était émaillé de rencontres avec des collectivités, des individus qui œuvrent pour les Alpes, plusieurs centaines de personnes accompagnaient le groupe pendant une ou plusieurs étapes.

Voici en quelques points, les constats les plus importants :

  • Le réchauffement climatique a continué de progresser et ses conséquences sont de plus en plus visibles.
  • De nouvelles formes de tourisme proches de la nature s’opposent à un tourisme intensif et non écologique, orienté vers une clientèle mondiale.
  • Le transit des marchandises par la route a continué d’augmenter, et le trafic de loisir motorisé s’est lui aussi fortement développé au cours des 25 dernières années.
  • La transition énergétique entraîne de nouveaux conflits entre les projets énergétiques et la protection des paysages.
  • Pour les nouveaux parcs et les grands espaces protégés, une question se pose : protéger les paysages ruraux ou la nature sauvage ?
  • L’agriculture biologique est devenue depuis 1992 une réalité dans de nombreuses vallées, tandis que d’autres territoires restent dominés par une agriculture et une exploitation forestière intensives et non écologiques.
  • La population des Alpes croît rapidement, mais de nombreux territoires sont touchés par un dépeuplement massif ; et l’arrivée de réfugiés par l’Italie confronte les régions alpines à de grands défis.

Une conclusion plutôt optimiste…

L’espace alpin peut être façonné de manière plus soutenable dans les 25 prochaines années, avant qu’un autre groupe n’entreprenne une nouvelle traversée des Alpes.

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Premier bilan établi par les protagonistes parici.gif

https://whatsalp.org/wp-content/uploads/2016/09/170929_whatsalp_fr.pdf

Publié le 07/01/2018 11:03  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir ? Ajouter le vôtre ?   | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut

Menton : Les migrants de l’autre côté du miroir.

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Le journaliste italien Massimo Calandri, correspondant à Gênes pour le quotidien « La Repubblica » est venu enquêter à Menton sur la condition préoccupante des migrants. Les médias français nous abreuvent d’images de naufrages sur les côtes italiennes, mais lorsqu’il s’agit de la frontière franco-italienne, en fonction de l’effet recherché, certains minimisant le phénomène, d’autres au contraire l’amplifiant, finalement, peu de reportages traitent avec objectivité de la situation à Menton. Pour y travailler et franchir régulièrement la limite entre les deux régions européennes, je connais un peu la conjoncture dans cette petite ville tranquille.

Il m’a paru intéressant de traduire l’article du journaliste qui dépeint avec justesse et sensibilité le contexte mentonnais, nettement moins dramatique qu’en Italie, car le bras de fer qui oppose Manuel Valls et Matteo Renzi semble pencher pour l’instant « en faveur » du Premier ministre français. Rares sont les migrants qui réussissent à pénétrer véritablement sur notre territoire.

Le microcosme mentonnais incarne à moindre échelle l’état d’esprit européen actuel : l’émotion devant la souffrance de ces pauvres gens que l’on ne veut toutefois pas voir chez soi…

Crise de 2008, absence d’identité politique et sociale de l’Union européenne, globalisation ?  Beaucoup de facteurs expliquent la tendance au repli sur soi, mais on pourra ériger tous les murs du monde, virtuels ou réels, rien n’arrêtera les migrants. Ils n’ont rien à perdre, la mort ne les effraie pas ;  ils l’ont côtoyée de si près qu’elle leur est désormais familière.

Entre baigneurs et parasols, Menton ne fait semblant de rien.

D’après Massimo Calandri

À cent mètres de là, cela semble une tout autre histoire.  Une petite crique entre les rochers. Quelques couples prennent le soleil ; une jeune fille nage et rit effrayée, son fiancé vient de plonger et la poursuit. Sur la promenade, une élégante dame d’âge mûr  est contrariée ; son grand chapeau de paille risque de s’envoler.  Le Libeccio : vent chaud, africain.

Mais cent pas plus loin, de l’autre côté de la frontière entre l’Italie et la France, au-delà de ce mur de gendarmes et fourgons, le vent souffle également, plus léger. Cependant, ne vous y fiez pas. C’est seulement une impression.

« Indésirables » titre Nice-Matin, le quotidien local. Une grande photo de la gare de Vintimille, avec la foule des migrants et de la police. Dans l’article, l’adjectif « misérables » est répété à plusieurs reprises ainsi que les mots : peur, tension, illégal. Il y a un entretien avec Enrico Ioculano, le maire : il est décrit comme «  un jeune playboy italien à  Rayban », élégant, élu après qu’une enquête sur la mafia a fait place nette des politiques.

Le maire de Menton, lui, est Jean-Claude Guibal, 74 ans et depuis 25 ans premier magistrat de la ville. C’est un responsable politique membre de l'Ump, désormais rebaptisé « les Républicains », le parti de droite de Sarkozy. Son épouse est la sénatrice Colette Giudicelli, numéro deux du conseil général des Alpes-Maritimes, présidé par Éric Ciotti, « Monsieur Sécurité ». Tous Républicains. Du reste, dans la riche et conservatrice Riviera française il ne pourrait en être autrement. Menton ressemble à Santa Margherita Ligure : 30.000 habitants, fréquentation touristique d’une classe moyenne supérieure, rues propres et limitation de la vitesse à 30 km/h, un beau musée dédié à Cocteau, beaucoup de villas, mais aussi des studios : les Français du Nord, voire les Italiens, après leur retraite ont investi ici, climat mythique et tranquillité. Jean-Claude Guibal a demandé hier au Premier ministre Manuel Valls de « maintenir la frontière fermée et protégée, ne serait-ce que pour faire comprendre à celui qui penserait émigrer qu’en Europe il n’aura pas d’avenir ».

Après la frontière, en passant par le Pont Saint-Louis, la route du bord de mer, le premier magasin est une boulangerie qui fait aussi bar ; la propriétaire de « L’amie de pain », Stéphanie, est une jeune femme blonde. Elle dit que cela fait de la peine de voir « les migrants traités comme des chiens, prisonniers d’une loi qui n’existe pas. Et quelle honte, les gens qui bronzent devant eux en faisant mine de rien. »

Hier matin, un monsieur, un Italien a acheté beaucoup de croissants : «  Il disait qu’il les aurait portés à ces garçons. Ainsi, nous leur avons donné nos « baguettes ». Ce n’est pas beaucoup, mais c’est tout de même quelque chose. »  Ces dernières années il en a vu des centaines, passer la frontière à pieds, silencieux, la tête basse. Et de poursuivre «  Personne ne m’a jamais créé de problèmes. Menton est une ville tranquille. Mais, les choses ont changé depuis quelques mois, car avant, ils étaient seulement de passage, ils ne s’arrêtaient pas en France. Maintenant, c’est différent. Désormais, les Français ont peur. »

Jean-Michel, pharmacien à la « Hanbury » magasin situé à l’entrée de Menton, se revendique un français exemplaire : « ni droite, ni gauche, je ne vote plus. Mais je travaille dur, je paye mes impôts. » Et il dit que non, les migrants ne doivent plus venir en France. « Ils traversent le pays et arrivent à Calais au bord de la Manche. Cela ne posait pas de problèmes quand ils allaient en Angleterre, en Hollande, ou en Allemagne. Mais aujourd’hui, ils ne réussissent plus à passer et on les retrouve quelque part travaillant au noir, alors que les Français sont au chômage. Santé, école et services : nous devons payer pour eux, mais aujourd’hui, il n’y a plus d’argent ».

Le Narval est le bar le plus ancien de Menton : vingt ans en arrière, les Italiens venaient acheter cigarettes et alcool. Désormais, c’est le contraire qui se passe, ce sont les Français qui vont au bar Conad, un kilomètre plus loin en Italie : les prix sont plus intéressants. « Mais les Italiens continuent à être d’excellents clients, car ici il peuvent jouer aux courses ». Cependant, depuis quelques jours, ils disent que l’on ne voit plus personne : avec le blocage à la frontière, les gens n’ont pas envie de faire la queue. Et à la veille de la saison estivale, ceux de l’office de tourisme esquivent le problème.

Parmi les couples de la plage, il y en a un de Mondovì­­­. Ils sont retraités et possèdent un studio à Menton. Ils sont arrivés il y a quelques jours en train. « Et comme toujours, à la petite gare de Garavan (la première après la frontière) c’est l’horreur : les CRS qui montent à bord, crient et trainent par terre ces pauvres garçons. Ce n’est pas juste, ce n’est pas humain. Et puis, chez nous, il n’y a plus de place, c’est le reste de l’Europe qui doit les prendre ». 

Publié le 09/07/2015 10:07  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir ? Ajouter le vôtre ?   | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut
Danse à la verticale  -  par Capleymar

Un peu de poésie dans ce monde...

Publié le 29/01/2015 13:28  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir ? Ajouter le vôtre ?   | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut
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