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Blog - Alpes


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Le tourisme alpin à l'heure du virus  -  par   Capleymar

LE TOURISME ALPIN A L’HEURE DU VIRUS. (Entretien à la CIPRA)

La crise que nous vivons actuellement met finalement en exergue les questions récurrentes soulevées par la fréquentation touristique en général et en particulier dans les territoires alpins.

Vars_arret.jpg

En effet, le problème fondamental réside dans l’équilibre entre une fréquentation intensive dans les grandes stations de sports d’hiver mettant en péril l’équilibre écologique et un nombre de visiteurs insuffisant à faire vivre certaines zones alpines. Le géographe, Werner Bätzing, étudie depuis longtemps ce phénomène au travers de deux communes situés aux deux extrémités de la chaine, Sambuco dans le Piémont (Italie) et Bad Gastein dans le land de Salzbourg (Autriche)

La crise du Covid-19 ayant entrainé la fermeture prématurée des stations de sports d’hiver, comment alors penser l’avenir touristique, une des sources de revenus majeures de l’arc alpin ?

La question a été posée à Stefanie Pfahl qui dirige le département du tourisme et des sports de la BMU, le ministère fédéral allemand de l'Environnement, de la conservation de la nature et de la sûreté nucléaire.

Le deuxième expert interrogé est Christian Baumgartner. Il enseigne et recherche sur le tourisme durable à l'Université des Grisons / CH et est vice-président de CIPRA International.

L’entretien a été conduit par Michael Gams et Paul Froning représentants de la CIPRA.

La promiscuité dans les grandes stations à l’instar des zones urbanisées est un terreau pour cette maladie. C’est une des dérives du tourisme intensif moderne pense Christian Baumgartner.

Les médias allemands ont qualifié certaines stations alpines, fréquentées par une majorité de touristes allemands, de véritables « nids » à Coronavirus. Stéfanie Pfal considère que c’est un phénomène tellement nouveau que l’on peut se demander si les règles de sécurité sanitaire ont été respectées. Par ailleurs, ce qui s’est déroulé dans le Tyrol n’a pas été complètement éclairci, mais est-ce vraiment utile ? Les autorités ont attendu la dernière minute pour fermer les stations, ignorant les symptômes manifestes de la maladie de leurs employés. Les intérêts économiques ont clairement prévalu sur les intérêts sanitaires.

Les stations de sports d’hiver dans le Tyrol songeaient à rouvrir à la mi-mai, mais le public a déjà compris qu’il faudrait sans doute davantage de temps pour pouvoir se déplacer de nouveau en toute liberté et que peut-être il ne pourrait retrouver ce qu’il aimait faire avant l’arrivée du virus.

Quoi qu’il en soit il faudra veiller au respect de l’environnement.

Donc, les questions qui devaient être soulevées lors de la conférence du BMU (Bundesministerium für Umvelt) sur la durabilité du tourisme de plein air, initialement prévue au mois de mai et reportée à l’automne ou à l’année prochaine, prendront en considération les effets de la pandémie.

Nos deux intervenants s’accordent sur le fait que le tourisme de plein air même après la crise du Covid-19 devra répondre à deux exigences :

  • -          Les activités sportives de plein air devront être gérées judicieusement pour limiter leur impact sur l’environnement
  • -          Par ailleurs, c'est bien sûr un pilier économique vital que l’on ne peut pas négliger et donc la question de la crise économique générée par le Coronavirus sera à prendre en considération.

Comment peut-on alors concevoir le tourisme de plein air comme un pilier économique en limitant en même temps l’utilisation des ressources naturelles et environnementales ?

Christian Baumgartner évoque la crise de 2009/2010/2011 pendant laquelle les territoires engagés dans un « tourisme doux » ont été moins frappés par la crise que les grands centres touristiques.

Les clients se montraient plus fidèles et revenaient plus souvent à l’occasion de leurs congés.

De manière générale, la diversification des activités économiques peut représenter une solution, car une concentration supérieure à la moyenne de l’économie régionale dans un secteur unique, en l’occurrence le tourisme, a un impact considérable en situation de crise. Le tourisme doit faire partie d’un développement régional, et répondre à des orientations bien définies.

Actuellement, en raison de la crise, beaucoup d’entreprises ne survivront pas, en particulier les plus petites. Le tourisme international des voyagistes va subir un grand déclin. Mais avec des aides de l’État, le tourisme interne et transfrontalier peut repartir. L’aspect culturel devra être développé, de sorte que la région puisse vivre toute l’année en mettant en valeur et préservant dans le même temps son patrimoine.

Il faudra quoi qu’il en soit adopter une approche régionale globale en prenant en compte différents paramètres comme « la consommation électrique, la mobilité touristique et d’autres domaines pertinents tels que l’agriculture et la biodiversité ». « L’objectif doit être d’axer la politique d’aide sur des interventions en réseau, viables et à long terme en faveur d’un tourisme hivernal ou quatre saisons durable, et de conserver la valeur ajoutée sur le territoire ».

Cette crise sanitaire pourrait être l’occasion de tendre vers un rééquilibrage géographique et économique des activités dans l’arc alpin en permettant aux différentes régions de se développer harmonieusement.

Alpentourismus in der Coronakrise (podcast)

Coronavirus : le tourisme alpin frappé de plein fouet

LE TOURISME ALPIN A L’HEURE DU VIRUS. (Entretien à la CIPRA)

La crise que nous vivons actuellement met finalement en exergue les questions récurrentes soulevées par la fréquentation touristique en général et en particulier dans les territoires alpins.

Vars_arret.jpg

En effet, le problème fondamental réside dans l’équilibre entre une fréquentation intensive dans les grandes stations de sports d’hiver mettant en péril l’équilibre écologique et un nombre de visiteurs insuffisant à faire vivre certaines zones alpines. Le géographe, Werner Bätzing, étudie depuis longtemps ce phénomène au travers de deux communes situés aux deux extrémités de la chaine, Sambuco dans le Piémont (Italie) et Bad Gastein dans le land de Salzbourg (Autriche)

La crise du Covid-19 ayant entrainé la fermeture prématurée des stations de sports d’hiver, comment alors penser l’avenir touristique, une des sources de revenus majeures de l’arc alpin ?

La question a été posée à Stefanie Pfahl qui dirige le département du tourisme et des sports de la BMU, le ministère fédéral allemand de l'Environnement, de la conservation de la nature et de la sûreté nucléaire.

Le deuxième expert interrogé est Christian Baumgartner. Il enseigne et recherche sur le tourisme durable à l'Université des Grisons / CH et est vice-président de CIPRA International.

L’entretien a été conduit par Michael Gams et Paul Froning représentants de la CIPRA.

La promiscuité dans les grandes stations à l’instar des zones urbanisées est un terreau pour cette maladie. C’est une des dérives du tourisme intensif moderne pense Christian Baumgartner.

Les médias allemands ont qualifié certaines stations alpines, fréquentées par une majorité de touristes allemands, de véritables « nids » à Coronavirus. Stéfanie Pfal considère que c’est un phénomène tellement nouveau que l’on peut se demander si les règles de sécurité sanitaire ont été respectées. Par ailleurs, ce qui s’est déroulé dans le Tyrol n’a pas été complètement éclairci, mais est-ce vraiment utile ? Les autorités ont attendu la dernière minute pour fermer les stations, ignorant les symptômes manifestes de la maladie de leurs employés. Les intérêts économiques ont clairement prévalu sur les intérêts sanitaires.

Les stations de sports d’hiver dans le Tyrol songeaient à rouvrir à la mi-mai, mais le public a déjà compris qu’il faudrait sans doute davantage de temps pour pouvoir se déplacer de nouveau en toute liberté et que peut-être il ne pourrait retrouver ce qu’il aimait faire avant l’arrivée du virus.

Quoi qu’il en soit il faudra veiller au respect de l’environnement.

Donc, les questions qui devaient être soulevées lors de la conférence du BMU (Bundesministerium für Umvelt) sur la durabilité du tourisme de plein air, initialement prévue au mois de mai et reportée à l’automne ou à l’année prochaine, prendront en considération les effets de la pandémie.

Nos deux intervenants s’accordent sur le fait que le tourisme de plein air même après la crise du Covid-19 devra répondre à deux exigences :

  • -          Les activités sportives de plein air devront être gérées judicieusement pour limiter leur impact sur l’environnement
  • -          Par ailleurs, c'est bien sûr un pilier économique vital que l’on ne peut pas négliger et donc la question de la crise économique générée par le Coronavirus sera à prendre en considération.

Comment peut-on alors concevoir le tourisme de plein air comme un pilier économique en limitant en même temps l’utilisation des ressources naturelles et environnementales ?

Christian Baumgartner évoque la crise de 2009/2010/2011 pendant laquelle les territoires engagés dans un « tourisme doux » ont été moins frappés par la crise que les grands centres touristiques.

Les clients se montraient plus fidèles et revenaient plus souvent à l’occasion de leurs congés.

De manière générale, la diversification des activités économiques peut représenter une solution, car une concentration supérieure à la moyenne de l’économie régionale dans un secteur unique, en l’occurrence le tourisme, a un impact considérable en situation de crise. Le tourisme doit faire partie d’un développement régional, et répondre à des orientations bien définies.

Actuellement, en raison de la crise, beaucoup d’entreprises ne survivront pas, en particulier les plus petites. Le tourisme international des voyagistes va subir un grand déclin. Mais avec des aides de l’État, le tourisme interne et transfrontalier peut repartir. L’aspect culturel devra être développé, de sorte que la région puisse vivre toute l’année en mettant en valeur et préservant dans le même temps son patrimoine.

Il faudra quoi qu’il en soit adopter une approche régionale globale en prenant en compte différents paramètres comme « la consommation électrique, la mobilité touristique et d’autres domaines pertinents tels que l’agriculture et la biodiversité ». « L’objectif doit être d’axer la politique d’aide sur des interventions en réseau, viables et à long terme en faveur d’un tourisme hivernal ou quatre saisons durable, et de conserver la valeur ajoutée sur le territoire ».

Cette crise sanitaire pourrait être l’occasion de tendre vers un rééquilibrage géographique et économique des activités dans l’arc alpin en permettant aux différentes régions de se développer harmonieusement.

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Publié le 15/04/2020 15:00   | |    |


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