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Blog - Alpes


Alpes

Le paysage alpin : une étroite coopération homme/nature  -  par Capleymar

Le tourisme alpin : une relation contradictoire avec le paysage

Val_d_isere_vanoise.jpg

Dans le numéro 104 de la revue thématique Alpenscène, au titre évocateur «  Le paysage est négociable », la CIPRA (Commission Internationale pour la Protection des Alpes) met en évidence la relation paradoxale du tourisme avec le paysage alpin. Une des vocations principales de la CIPRA consiste précisément à proposer des solutions transnationales pour un développement durable dans les Alpes.

Les Alpes, un univers exotique pour le citadin

« Faire une ascension c’est passer ainsi du monde civilisé à une nature en quelque sorte exotique… » écrit Jean-Paul Guérin.

Pourtant l’homme signale sa présence depuis la fin du quaternaire. Les bergers à la tête de troupeaux d’ovins conquièrent les alpages et avec les progrès technologiques (métallurgie du bronze puis du fer), la pression démographique et la nécessité de se nourrir, de se chauffer, la présence humaine marque fortement son empreinte sur l’environnement. Ainsi les forêts exploitées pour différentes raisons sont façonnées depuis longtemps par l’homme. La culture des céréales en altitude qui constitue une source de nourriture conséquente modèle également le paysage.

Avec l’exode, l’abandon des terres implique une nouvelle modification du milieu naturel et de la faune.

Toujours selon le géographe Jean-Paul Guérin, l’homme et la nature alpine ont évolué concomitamment. Il n’existe pas à proprement parler de nature vierge que l’homme aurait colonisée, mais un paysage « produit - en continu - de l’action de l’homme. » Par ailleurs, la pression de la modernité est très inégale dans l’ensemble des Alpes, certains secteurs sont très urbanisés, tandis que d’autres ne sont plus marqués par l’action humaine depuis des décennies, ce qui ouvre des perspectives nouvelles sans que l’on puisse préjuger d’un équilibre potentiel.

Ainsi le paysage alpin ne se résume-t-il pas à une nature domptée par l’être humain, il revêt tantôt une apparence sauvage, tantôt une configuration par endroit très urbanisée.

Une dimension esthétique des paysages

Au-delà des contingences matérielles qui ont conduit l’homme par nécessité d’adaptation à façonner en partie son milieu naturel, il existe une dimension symbolique dans les paysages de l’arc alpin. Ils naissent de la perception par l’être humain de son environnement. Cette perception varie en fonction de chaque individu, de sa culture, de son histoire.

Toutefois, les normes et valeurs sociales conditionnent notre appréhension du paysage. Les intérêts parfois contradictoires peuvent être source de conflits : protecteurs de l’environnement et adeptes du marketing touristique ne partagent pas toujours des objectifs convergents. Dans de nombreuses régions des Alpes, le tourisme repose sur un paradoxe : les sites naturels et ruraux constituent l’essence de l’activité touristique qui  dans le même temps est grande destructrice de paysages alpins.

La voie de la raison

Face au dérèglement climatique entrainant la pénurie de neige, à l’urbanisation à outrance et ses effets délétères sur l’environnement, la nécessité d’une orientation touristique nouvelle, s’impose. Cette direction innovante, plus respectueuse d’un équilibre entre l’homme et la nature devra être adoptée en concertation avec tous les acteurs du territoire.

À l'inverse des erreurs commises précédemment, il faut pour faire évoluer les mentalités une réelle synergie : les responsables de parcs doivent prendre en compte l’avis et la vie des résidents et les habitants doivent comprendre que leur patrimoine naturel est leur véritable ressource économique, en détruisant leur environnement, ils portent un coup fatal à leur source de revenus.

La série de quatre documentaires passionnants, diffusée du 4 au 7 février derniers sur France Culture dans l’émission LSD, illustre parfaitement au travers de l’histoire du Parc de la Vanoise, la difficulté à concilier des intérêts parfois divergents, mais finalement souvent convergents.

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-14-quand-un-territoire-devient-parc-national

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-24-tarentaise-a-la-poursuite-de-lor-blanc

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-34-haute-maurienne-un-parc-conteste-par-ses-habitants

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-44-bestiaire-dune-zone-protegee

Le tourisme alpin : une relation contradictoire avec le paysage

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Dans le numéro 104 de la revue thématique Alpenscène, au titre évocateur «  Le paysage est négociable », la CIPRA (Commission Internationale pour la Protection des Alpes) met en évidence la relation paradoxale du tourisme avec le paysage alpin. Une des vocations principales de la CIPRA consiste précisément à proposer des solutions transnationales pour un développement durable dans les Alpes.

Les Alpes, un univers exotique pour le citadin

« Faire une ascension c’est passer ainsi du monde civilisé à une nature en quelque sorte exotique… » écrit Jean-Paul Guérin.

Pourtant l’homme signale sa présence depuis la fin du quaternaire. Les bergers à la tête de troupeaux d’ovins conquièrent les alpages et avec les progrès technologiques (métallurgie du bronze puis du fer), la pression démographique et la nécessité de se nourrir, de se chauffer, la présence humaine marque fortement son empreinte sur l’environnement. Ainsi les forêts exploitées pour différentes raisons sont façonnées depuis longtemps par l’homme. La culture des céréales en altitude qui constitue une source de nourriture conséquente modèle également le paysage.

Avec l’exode, l’abandon des terres implique une nouvelle modification du milieu naturel et de la faune.

Toujours selon le géographe Jean-Paul Guérin, l’homme et la nature alpine ont évolué concomitamment. Il n’existe pas à proprement parler de nature vierge que l’homme aurait colonisée, mais un paysage « produit - en continu - de l’action de l’homme. » Par ailleurs, la pression de la modernité est très inégale dans l’ensemble des Alpes, certains secteurs sont très urbanisés, tandis que d’autres ne sont plus marqués par l’action humaine depuis des décennies, ce qui ouvre des perspectives nouvelles sans que l’on puisse préjuger d’un équilibre potentiel.

Ainsi le paysage alpin ne se résume-t-il pas à une nature domptée par l’être humain, il revêt tantôt une apparence sauvage, tantôt une configuration par endroit très urbanisée.

Une dimension esthétique des paysages

Au-delà des contingences matérielles qui ont conduit l’homme par nécessité d’adaptation à façonner en partie son milieu naturel, il existe une dimension symbolique dans les paysages de l’arc alpin. Ils naissent de la perception par l’être humain de son environnement. Cette perception varie en fonction de chaque individu, de sa culture, de son histoire.

Toutefois, les normes et valeurs sociales conditionnent notre appréhension du paysage. Les intérêts parfois contradictoires peuvent être source de conflits : protecteurs de l’environnement et adeptes du marketing touristique ne partagent pas toujours des objectifs convergents. Dans de nombreuses régions des Alpes, le tourisme repose sur un paradoxe : les sites naturels et ruraux constituent l’essence de l’activité touristique qui  dans le même temps est grande destructrice de paysages alpins.

La voie de la raison

Face au dérèglement climatique entrainant la pénurie de neige, à l’urbanisation à outrance et ses effets délétères sur l’environnement, la nécessité d’une orientation touristique nouvelle, s’impose. Cette direction innovante, plus respectueuse d’un équilibre entre l’homme et la nature devra être adoptée en concertation avec tous les acteurs du territoire.

À l'inverse des erreurs commises précédemment, il faut pour faire évoluer les mentalités une réelle synergie : les responsables de parcs doivent prendre en compte l’avis et la vie des résidents et les habitants doivent comprendre que leur patrimoine naturel est leur véritable ressource économique, en détruisant leur environnement, ils portent un coup fatal à leur source de revenus.

La série de quatre documentaires passionnants, diffusée du 4 au 7 février derniers sur France Culture dans l’émission LSD, illustre parfaitement au travers de l’histoire du Parc de la Vanoise, la difficulté à concilier des intérêts parfois divergents, mais finalement souvent convergents.

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-14-quand-un-territoire-devient-parc-national

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-24-tarentaise-a-la-poursuite-de-lor-blanc

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-34-haute-maurienne-un-parc-conteste-par-ses-habitants

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-44-bestiaire-dune-zone-protegee

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Publié le 22/02/2019 08:58   | Tous les billets

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